Les Archastes (Coleoptera, Nebriidae)

dimanche 3 avril 2011
par  Raymond Ramousse
popularité : 9%

Les Archastes (Coleoptera, Nebriidae)

Ledoux G. et Roux Ph. 2010.

Voir erratum en bas de page

Musée des Confluences et Société linnéenne de Lyon, 111p.

Prix linnéenPrix non linnéenPromotion
25 euros25 euros
Se renseigner auprès du secrétariat, le mardi de 8h à 12h et de 13h à 17h et le vendredi de 8h à 12h) ou par courriel, pour connaître les frais de port et d’emballage en sus pour la France et l’étranger.

Comme dans leur faune des « Nebria » , Georges Ledoux et Philippe Roux procèdent dans cet ouvrage à une révision complète du groupe « Archastes » , autre genre de coléoptères Nebriidae. Ces deux spécialistes incontestés recensent ici les 36 espèces de ce groupe peu connu jusqu’alors car n’appartenant qu’au territoire chinois. 31 de ces taxons sont d’ailleurs de leur fait et ont été décrit durant les 20 dernières années.
Ils décrivent ici quatre espèces et trois sous-espèces, nouvelles et offrent toujours des clefs de détermination s’appuyant sur des dessins minutieux et sur une série de planches photographiques en couleur.

Guidé par sa vocation de promotion de la connaissance scientifique, le Musée des Confluences s’est investi dans la réalisation de cet ouvrage, en collaboration avec la Société linnéenne de Lyon qui en assure la diffusion.

Following their « Nebria » world fauna, Georges Ledoux and Philippe ROUX present in their new book a complete review of the « Archastes ». It is a kind of carabid beetle close to the Nebria, little known owing to the small size of its distribution area. As a matter of fact, the group exemplars only live in China, in the mountains that stretch near or far from the Chengdu basin.
Describing four species and three new under species, those two specialists analyse the 36 taxons that presently constitute the gender. They give a description of each species and under species accompanied by meticulous drawings. They also provide data on the features and systematic position of the gender and of the determination keys. A set of photographic colour plates complete the book and should prevent the layman from making any identification mistake.
Guided by its vocation to promote scientific knowledge, the Confluence Museum has put a lot into the realisation of this book, in collaboration with the Linnean Society of Lyon who sees to its distribution.

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Préface

Après avoir publié une magistrale monographie du genre Nebria, MM. Georges Ledoux et Philippe Roux nous livrent aujourd’hui une complète révision taxinomique du genre voisin Archastes. Lorsque l’on sait que sur les 36 taxons connus ils en ont décrit 31, on comprendra qu’ils n’ont pas à faire la preuve de leur compétence sur le sujet, mais qu’ils nous font partager leurs connaissances sur un groupe de Coléoptères Carabiques dont on ignorait presque tout il y a vingt ans.

Le genre Archastes a été créé en 1935 par l’entomologiste tchèque A. Jedlicka. Suivirent quelques descriptions isolées en 1946 et 1984, puis c’est seulement au cours des vingt dernières années, de 1989 à aujourd’hui, que Georges Ledoux et Philippe Roux décrivirent la plupart des autres espèces. Ils ont bénéficié de la relative ouverture de la Chine, qui permit à de nombreux entomologistes, de diverses nationalités de découvrir dans ce pays toute une faune presque entièrement ignorée. Très rapidement ils sont devenus les spécialistes des Nebria et Archastes de Chine, et ils recevaient pour étude les spécimens capturés par les différentes équipes qui prospectaient ce pays.

Avec maintenant un recul suffisant, on sait que le genre Archastes est endémique de

Chine, plus précisèment des contreforts nord-orientaux du plateau Tibétain. On trouve donc ces insectes dans les montagnes du Sichuan, du Gansu, du Ningxia et du Shaanxi, toujours dans des milieux humides, soit dans les forêts subalpines, soit dans les pelouses d’altitude de l’étage alpin. Par l’examen détaillé de leurs caractères morphologiques, Georges Ledoux et Philippe Roux ont pu montrer qu’il s’agissait d’un groupe monophylétiqué à la distribution géographique bien circonscrite, proche des genres Nebria et Archileistobriuis qui vivent aussi dans la même région.

Comme ils l’ont fait pour le genre Nebria, Georges Ledoux et Philippe Roux nous présentent une monographie méticuleuse des Archastes, avec des références bibliographiques exhaustives, des descriptions morphologiques précise de toutes les espèces une énumération détaillée des localités de capture connues, et une excellente iconographie, que ce soient les dessins au trait des silhouettes et des détails anatomiques ou bien les photographies en couleurs des insectes et des biotopes. L’ensemble donne au lecteur la possibilité de connaître le genre Archastes presque aussi bien que les auteurs de cet ouvrage. De plus, une intéressante discussion sur les caractéristiques morphologiques des Archastes permet de faire progresser nos connaissances sur la position phylogénétique de ce groupe, c’est-à-dire sa position systématique par rapport aux genres voisins au sein de la famille des Nebriidae, ce qui est l’occasion de redire que la taxinomie bien faite n’est pas seulement une discipline descriptive du niveau d’un « répertoriage » de base, simple accumulation de données mais bien un moyen scientifique performant - et l’un des plus synthétique - d’étudier l’évolution phylogénétique d’un groupe animal ou végétal. Cela doit être rappelé tant il devient fréquent aujourd’hui d’entendre abusivement opposer taxinomie et phylogénétique comme deux disciplines distinctes, « juxtaposées », quoique parfois concédées comme « complémentaires ». C’est inexact : une taxinomie de haut niveau, une « oméga-taxinomie » (pensons aux travaux de René Jeannel !), permet d’aborder les questions évolutives tout aussi bien que les analyses phylogénétiques effectuées avec d’autres méthodes, analyses informatisées ou moléculaires, même s’il est vrai que les séquençages d’acides nucléiques sont appelés à se développer et à apporter des progrès considérables dans nos connaissances car ils produisent des « caractères nouveaux ».

Dans le contexte actuel ou jamais sans doute nous n’avons pris autant conscience de l’importance de la biodiversité mais où jamais sans doute la taxinomie n’a été autant déconsidérée dans les milieux professionnels de l’entomologie, le choix du Muséum de Lyon de publier cette révision taxinomique du genre Archastes en une superbe réalisation éditoriale doit être salué tout particulièrement. De même que les collections entomologiques conservées dans tous les Muséums du monde ne vivent qu’à travers les études taxinomiques qui y sont menées et mourraient d’une gestion purement magasinière qui leur retirerait toute signification, de la même façon la connaissance de la biodiversité passe par des travaux de faunistique, de morphologie et de systématique ce qui inclut nécessairement les recherches taxinomiques qui doivent être encouragées. Les espèces doivent être nommée pour être connues, elles doivent être regroupées sous des concepts phylogénétiques qui doivent aussi être nommés pour pouvoir être appréhendées. Bref, ce langage taxinomique fait progresser les connaissances scientifiques.

Si l’on mesurait l’activité scientifique d’un chercheur non pas à travers une comptabilité pointilleuse des publications ou autres indicateurs chiffrès inventés par la technocratie, mais de façon qualitative sur la contribution factuelle au progrès objectif des connaissances, je suis sûr que les travaux de taxinomie prendraient toute leur place. L’étude du genre Archastes en est un exemple. En 1989 on ne connaissait quasiment rien. Aujourd’hui on connaît beaucoup. Comment nier qu’il s’agit d’un solide progrès des connaissances ? Bien entendu, tout est ensuite affaire de talent. Certains travaux de taxinomie ne sont effectivement que de simples répertoriages de piètre intérêt. Mais ce n’est pas le cas lorsqu’ils sont sous-tendus par des interrogations scientifiques sur les affinités phylogénétiques du groupe étudié, son origine géographique, son évolution et les modalités de sa diversification. De ce point de vue, la révision de Georges Ledoux et Philippe Roux satisfait ces critères de qualité et on lira avec intérêt la première partie de l’étude qui traite des généralités.

Une « mode » un peu sectaire dans les milieux systématiciens professionnels consiste, au nom de l’objectivité et d’une modernité mal comprise, à trop souvent privilégier l’analyse sur la synthèse et la déduction sur l’induction (refuser l’approche inductive dans les sciences d’observation que sont les sciences naturalistes !). à ce jeu, la taxinomie est déconsidérée. Pourtant, tous les véritables spécialistes apprécient « objectivement » l’apport scientifique considérable d’une étude taxinomique bien faite dans le progrès des connaissances. Modestement, mais sûrement la présente monographie du genre Archastes en est un exemple. Le Muséum de Lyon a bien compris que la taxinomie, menée tant par des amateurs que par des professionnels, était la pierre angulaire des collections et des recherches en sciences naturelles.

 

Thierry DEUVE

Muséum national d’Histoire naturelle, Paris

Erratum de l’annexe p. 108

Oublié  :

serissimus n. sp. - Espèce (p. 71 et photo 25).

 Sichuan, mts. 17 km WNW-NW Baima, prairie alpine.

 

à modifier  :

boulbeni  : p. 82          orbiculatus  : p. 68

cenobitus  : p. 50          paradeuvei  : p. 85

deuvei  : p. 83            productus  : p. 93

dissimilis  : p. 77          secretus  : p. 74 et photo 28

gansuensis  : p. 90        solitarius  : p. 72 et photo 26

hajeki  : p. 65             sterbai  : p. 75 et photo 29

incidatus  : p. 92          subquadratus  : p. 78 et photo 30

lamarckianus  : p. 86       thiertyi  : p. 79 et photo 31

microporus  : p. 87         triangulus  : p. 89 et photo 32

minor  : p. 74 et photo 27   tronqueti  : p. 95 et photo 33

nigrescens  : p. 56          yuae  : p. 80 et photo 34


Documents joints

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