Analyse, recensement et délimitation des ressemblances problématiques dans les systèmes naturels

lundi 7 janvier 2013
par  Raymond Ramousse
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SEMERIA Y. 1994. Analyse, recensement et délimitation des ressemblances problématiques dans les systèmes naturels. Scoiété linnéenne de Lyon.



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Résumé général

Il s’agit de rechercher dans tous les système naturels, biologiques et non biologiques, des ressemblances qui ne sont pas attribuables à la parenté de définir leur nature et la méthode permettant de leur prêter un degré plus ou moins grand d’exactitude dans une échelle dite de superposabilité. On s’attache donc à rechercher, recenser, analyser et délimiter toutes les ressemblances problématique dans leur ensemble sans souci d’abord de leur éventuelle signification, c’est à dire en-dehors de toute interprétation orientée on les dispose ensuite dans un tableau de rangement qui tient compte, exclusivement, de leur précision et de l’écart systématique qui les sépare de l’espèce ou de tout autre objet reconnus auxquels on les rapporte.

Inévitablement on rencontre parmi les ressemblances problématique des ressemblances

Mimétiques. Il convient alors de les situer les unes par rapport aux autres et d’entreprendre un examen des théories qui justifient ces dernières jusqu’à un certain point. Or, on ne peut s’en tenir simplement à elles seules ; il devient impératif de procéder à une critique du continuum-socio-économique qui les a suscitées. Il en découle une remise en question des postulats reçus depuis Bates, Darwin et leurs continuateurs. Sur la base des données de l’observation et de l’expérimentation fournies par les auteurs et dûment enregistrées on s’exerce à dégager la réalité d’un processus imitatif dans la genèse des ressemblances problématique et mimétiques. Afin de déceler le rôle véritable de l’opérateur et tout spécialement de l’oiseau, on suggère un programme de recherches techniquement simple, premier essai d’investigation, à l’échelle de la planète considérant les ressemblances problématique et mimétique comme un problème-clé dans la compréhension des phénomènes de la vie.

Enfin, l’éclairage fourni par la classification naturelle ne suffisant pas à faire voir et à faire comprendre les relations particulières entre tous les taxons qui se ressemblent ; aussi a-t-il paru souhaitable de suggérer une modalité de rangement qui, ne touchant en rien à la systématique usuelle, donne une perspective différente et, on peut le souhaiter, féconde.

 Préface

BatesWallace et Darwin. dans leurs émouvantes rencontres individuelles avec la Nature tropicale, en Amazonie, dans l’archipel malais, ou dans le voyage de circumnavigation du Beagle ont été frappé par les étonnantes ressemblances pouvant exister entre des espèces appartenant à des genres, des familles voire des ordres différents ou entre des espèces animales et des éléments du monde inanimé.

 Ces observations, qui apportaient, leur semblait-il, de solides arguments en faveur de la notion d’évolution des espèces animales qui germait dans leur esprit, sans doute parce que l’époque rêvait de progrès technique et social, ont ouvert à la recherche un domaine nouveau, celui du Mimétisme.

 Depuis ce temps, une riche floraison d’articles et de livres, ont prétendu couvrir le sujet. Et chaque fois qu’un groupe zoologique était l’objet d’une monographie, un chapitre au moins évoquait les cas de mimétisme qu’il proposait aux observateurs.

 Mais aucune unité de vues, aucune théorie universellement admise, ne peut-être dégagée de cette intense production. Le mimétisme reste un sujet controversé où s’affrontent des théorie opposées aussi absolues les unes que les autres et aussi certaines de détenir une vérité absolue.

 C’est que l’étude du Mimétisme est, en réalité l’une des plus difficiles qui soit.

L’approche en est semée de pièges dont le moindre n’est sans doute pas la tentation anthropocentrique.

 L’école darwinienne, qui a découvert le phénomène et qui a pourtant tant contribué à faire connaître ses diverses manifestations, qui en a établi une classification subtile et prècise à la fois, est particulièrement affectée par ce travers.

Partant de l’idée que chaque caractère n’existe que parce qu’il apporte à son possesseur un avantage dans la lutte pour la vie, le chercheur s’ingénie alors à trouver à ces caractères considérés isolèment une utilité précise.

 Ne pouvant soumettre leurs conclusions à un contrôle expérimental ne serait-ce que parce qu’il n’est pas possible de séparer ce caractère de l’ensemble de ceux qui constituent l’entité.

 Certes, il restera à soumettre au contrôle de l’expérience les idées les notions que cette analyse suggère mais dans un esprit renouvelé et dégagé des carcans que les pensées « orthodoxes », figées par près de deux siècle de textes autorisés et d’autorités contradictoires mais également absolues nous ont imposés.

 L’ouvrage constituera, par sa nouveauté un apport utile dans un domaine encombré decontroverses. Ce n’est pas un mince mérite et devrait valoir un franc succès à l’auteur, comme je le lui souhaite.

Renaud PAULIAN

Membre correspondant de l’Académie des Sciences


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